La vieille chèvre, un panier au bras, dit au revoir à ses sept chevreaux sur le seuil de la maisonnette Le meunier, tout effrayé, saupoudre de farine blanche la patte du loup Les chevreaux se cachent dans la pièce, sous la table, dans l'armoire et dans la grande horloge La chèvre et le plus jeune chevreau regardent le loup qui ronfle sous un arbre, dans le pré Les chevreaux serrent joyeusement leur maman dans leurs bras et apportent de grosses pierres La chèvre et les sept chevreaux dansent joyeusement autour du puits

Le Loup et les Sept Chevreaux

Maman part dans la forêt · lu par Hélène
0:00−6:16

Pour les parents : Dans l'original des frères Grimm, le loup se noie dans le puits. Dans la version plus douce, il tombe dedans, en ressort et s'enfuit dans la forêt.

La vieille chèvre part dans la forêt et met ses sept chevreaux en garde contre le loup, mais le loup rusé invente une ruse après l'autre pour se faire ouvrir la porte. Un conte plein de vie des frères Grimm sur une maman courageuse et le plus petit des chevreaux, traduit de l'original allemand.

Frères Grimm · 6 min · lu par Hélène

Le Loup et les Sept Chevreaux : le texte de l'histoire

Frères Grimm (1857). Traduit de l'original allemand « Der Wolf und die sieben jungen Geißlein ».

Il était une fois une vieille chèvre qui avait sept petits chevreaux, et elle les aimait comme une mère aime ses enfants. Un jour, elle voulut aller dans la forêt chercher à manger ; elle appela ses sept petits et leur dit : « Mes chers enfants, je vais dans la forêt. Méfiez-vous du loup : s'il entre, il vous dévorera tous, avec la peau et les poils. Ce méchant se déguise souvent, mais vous le reconnaîtrez tout de suite à sa voix rauque et à ses pattes noires. » Les chevreaux dirent : « Chère maman, nous ferons bien attention, tu peux partir sans t'inquiéter. » Alors la vieille chèvre bêla et se mit en route, rassurée.

Peu de temps après, quelqu'un frappa à la porte de la maison et cria : « Ouvrez, mes chers enfants, c'est votre mère, et elle a rapporté quelque chose pour chacun de vous. » Mais à sa voix rauque, les chevreaux reconnurent que c'était le loup. « Nous n'ouvrirons pas, crièrent-ils, tu n'es pas notre mère. Elle a une voix douce et jolie, mais ta voix est rauque : tu es le loup. »

Alors le loup s'en alla chez un épicier et s'acheta un gros morceau de craie : il le mangea, et cela lui rendit la voix douce. Puis il revint, frappa à la porte de la maison et cria : « Ouvrez, mes chers enfants, c'est votre mère, et elle a rapporté quelque chose pour chacun de vous. » Mais le loup avait posé sa patte noire sur le rebord de la fenêtre ; les enfants la virent et crièrent : « Nous n'ouvrirons pas, notre mère n'a pas la patte noire comme toi : tu es le loup. »

Alors le loup courut chez un boulanger et dit : « Je me suis fait mal à la patte, mets-moi de la pâte dessus. » Et quand le boulanger lui eut enduit la patte, il courut chez le meunier et dit : « Saupoudre ma patte de farine blanche. » Le meunier pensa : « Le loup veut tromper quelqu'un », et il refusa, mais le loup dit : « Si tu ne le fais pas, je te mange. » Alors le meunier eut peur et lui blanchit la patte. Eh oui, ainsi sont les hommes.

Alors le méchant alla pour la troisième fois à la porte de la maison, frappa et dit : « Ouvrez-moi, mes enfants, votre petite maman chérie est rentrée, et elle a rapporté de la forêt quelque chose pour chacun de vous. » Les chevreaux crièrent : « Montre-nous d'abord ta patte, pour que nous sachions que tu es bien notre petite maman chérie. » Alors il posa sa patte sur le rebord de la fenêtre, et quand ils virent qu'elle était blanche, ils crurent que tout ce qu'il disait était vrai et ouvrirent la porte. Mais celui qui entra, c'était le loup.

Ils furent terrifiés et voulurent se cacher. Le premier sauta sous la table, le deuxième dans le lit, le troisième dans le four, le quatrième dans la cuisine, le cinquième dans l'armoire, le sixième sous la cuvette, le septième dans la caisse de la grande horloge. Mais le loup les trouva tous et ne fit pas de cérémonies : il les avala l'un après l'autre dans sa grande gueule ; seul le plus jeune, caché dans la caisse de l'horloge, il ne le trouva pas. Quand le loup eut satisfait sa gourmandise, il s'en alla tranquillement, se coucha dehors sur le pré vert, sous un arbre, et s'endormit.

Peu de temps après, la vieille chèvre revint de la forêt. Ah, quel spectacle l'attendait ! La porte de la maison était grande ouverte : la table, les chaises et les bancs étaient renversés, la cuvette était en morceaux, la couverture et les oreillers avaient été arrachés du lit. Elle chercha ses enfants, mais ils restaient introuvables. Elle les appela l'un après l'autre par leur nom, mais personne ne répondit.

Enfin, quand elle arriva au plus jeune, une petite voix fluette répondit : « Chère maman, je suis caché dans la caisse de l'horloge. » Elle le fit sortir, et il lui raconta que le loup était venu et qu'il avait mangé tous les autres. Vous pouvez imaginer comme elle pleura ses pauvres enfants !

Enfin, dans son chagrin, elle sortit, et le plus jeune chevreau l'accompagna. Quand elle arriva au pré, le loup était couché là, contre l'arbre, et il ronflait si fort que les branches en tremblaient. Elle le regarda de tous les côtés et vit que quelque chose bougeait et gigotait dans son ventre bien rempli. « Mon Dieu, pensa-t-elle, se pourrait-il que mes pauvres enfants, qu'il a engloutis pour son dîner, soient encore vivants ? »

Alors le petit chevreau dut courir à la maison chercher des ciseaux, une aiguille et du fil. Puis elle ouvrit le ventre du monstre, et à peine avait-elle fait une entaille qu'un chevreau sortit la tête ; et quand elle continua de couper, les six sautèrent dehors l'un après l'autre. Ils étaient tous encore vivants et n'avaient même pas une égratignure, car dans sa gloutonnerie, le monstre les avait avalés tout entiers.

Quelle joie ! Ils embrassèrent leur chère maman et sautèrent comme un tailleur le jour de ses noces. Mais la vieille chèvre dit : « Maintenant, allez chercher de grosses pierres. Nous allons en remplir le ventre de cette méchante bête pendant qu'elle dort encore. » Alors les sept chevreaux traînèrent les pierres en toute hâte et lui en mirent dans le ventre autant qu'ils purent. Puis la vieille chèvre le recousit si vite qu'il ne s'aperçut de rien et ne bougea même pas.

Quand le loup eut enfin fini de dormir, il se leva, et comme les pierres dans son estomac lui donnaient très soif, il voulut aller boire à un puits. Mais quand il commença à marcher et à se balancer de droite et de gauche, les pierres s'entrechoquèrent dans son ventre avec un grand bruit. Alors il s'écria : « Qu'est-ce qui roule et qui gronde là, dans mon gros bedon ? Je croyais que c'étaient six chevreaux, mais ce sont des cailloux tout ronds. »

Et quand il arriva au puits et se pencha au-dessus de l'eau pour boire, les lourdes pierres l'entraînèrent dedans, avec un grand plouf. Tout trempé, il en ressortit à grand-peine et s'en alla dans la forêt, très loin, en traînant les pierres dans son ventre. Quand les sept chevreaux virent cela, ils accoururent en criant très fort : « Le loup est parti ! Le loup est parti ! » et ils dansèrent de joie avec leur mère tout autour du puits.